vendredi, 24 août 2007

VACANCES EN FACADE

Bien qu’ils soient en vacances aux quatre coins du monde, Nicolas Sarkozy et les membres de son gouvernement n’ont pas relâché la communication et ont continué d’occuper le terrain médiatique en France, jusqu’à la reprise.

Si les hommes politiques devaient avoir un don, ce serait celui d’ubiquité. Depuis le 1er août dernier, date à laquelle le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy avait souhaité à ses ministres de bonnes vacances à l’issue de leur dernier Conseil, le membres du gouvernement sont en effet partout…sauf en vacances. A croire qu’ils ne sont pas partis en Toscane, au Lavandou ou en Grèce comme ils avaient pu l’annoncer ce jour-là, en réponse aux journalistes qui s’interrogeaient sur la destination estivale des gouvernants. A l’image de Nicolas Sarkozy, qui au rythme de quelques apparitions et de deux communiqués par jour ne se fait pas oublier, les ministres en vacances sont sur le pont et continuent de se partager le gâteau médiatique, de la radio à la télévision. Ainsi Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Environnement -censée croiser au large des îles Eoliennes- a commenté depuis Paris la mort de l’ourse Franska, réintroduite dans les Pyrénées il y a plusieurs années. Michel Barnier, ministre de l’Agriculture parti en Italie, a lancé un appel pour tenter d’apaiser le débat sur les OGM, au lendemain du suicide d’un cultivateur d’OGM dans son champ. Xavier Darcos a annoncé la création de postes dans l’Education nationale et Hervé Novelli a décrypté les mauvais chiffres du commerce extérieur. Quant au Premier ministre François Fillon, supposé être en Toscane, il représentait le gouvernement il y a quelques jours lors de l’hommage rendu à Michel Serrault en l’église d’Honfleur, dans le nord-ouest du pays, et était à la célébration des obsèques du cardinal Lustiger vendredi 10 août en compagnie de Nicolas Sarkozy revenu expressément des Etats-Unis.

Plutôt qu’une demande de l’opinion publique qui concède volontiers le droit au repos de ses gouvernants, il faut voir dans l’omniprésence gouvernementale et le besoin d’occuper l’espace médiatique, une certaine fébrilité des ministres. Ils sont hantés par le souvenir de l’été caniculaire de 2003 qui avait fait près de 20 000 morts et avait été géré de manière calamiteuse par le gouvernement de l’époque.

Pour l’heure, la stratégie s’avère payante puisque d’après un sondage publié il y a quelques jours dans le Journal du dimanche, 64 % des Français se disent « plutôt satisfaits » de la façon de gouverner de Nicolas Sarkozy. Un taux qui correspond à sa cote de popularité et qui récompense un chef de l’Etat devenu « omniprésident ».

Tandis que la reprise était initialement fixée à ce vendredi 24 août, Nicolas Sarkozy a choisi d’anticiper et de convoquer les membres de son gouvernement dès le lundi 20 août. Sur la table, probablement le suivi des délinquants sexuels à leur sortie de prison, en réponse à l’inquiétude et la colère de la population, très émue par le cas du petit Enis ; un enfant de 5 ans, enlevé le mercredi après-midi du 15 août à Roubaix dans le nord de la France, par un pédophile récidiviste, et victime de sévices sexuels pendant les quelques heures de sa captivité.

Matthieu Herault

jeudi, 09 août 2007

CLEARSTREAM : DE VILLEPIN MIS EN EXAMEN

De retour de vacances à Tahiti, Dominique de Villepin a été mis en examen le 27 juillet dernier par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons pour « complicité de dénonciation calomnieuse », « complicité d’usage de faux », « recel de vol » et « recel d’abus de confiance » dans l’affaire des faux-listing Clearstream.

Ils ont placé l’ancien Premier ministre sous contrôle judiciaire, avec en prime, l’interdiction de rencontrer les principaux protagonistes de l’affaire Clearstream (dont l’ancien président Jacques Chirac) et le paiement d’une caution de 200.000 euros au titre d’éventuelles amendes et indemnisations des parties civiles du dossier. Dominique de Villepin a fait appel de cette décision et a refusé lors de son audition, de répondre aux juges sur le fond de l’affaire, tant qu’il n’avait pas pu consulter le dossier dans son intégralité. Un dossier de 26 tomes selon l’un de ses avocats.

Clamant depuis le début de l’affaire qu’il a agi dans le cadre de ses fonctions, Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères à l’époque des faits, pourrait contester lors de sa prochaine convocation en septembre, la compétence des juges d’Huy et Pons et demander à être jugé par la cour de justice de la République, réputée sur le territoire pour sa lenteur. Il appartiendrait alors à Laurent le Mesle, le procureur général de Paris placé en orbite par Jacques Chirac avant son départ de l’Elysée, d’accepter ou rejeter la requête de Dominique de Villepin.

L’ancien Premier ministre est soupçonné d’avoir participé à la manipulation des faux listings Clearstream pour tenter de discréditer Nicolas Sarkozy, alors en course à l’élection présidentielle. Des listings, sur lesquels apparaissaient des prétendus comptes bancaires détenus à l’étranger, alimentés par des personnalités du monde industriel et politique -dont Nicolas Sarkozy- censées avoir perçu des rétro commissions dans la vente de frégates à Taiwan. Pour étayer leurs hypothèses, les juges s’appuient sur des notes retrouvées sur le disque dur de l’ordinateur du général Rondot, chargé en janvier 2004 par Dominique de Villepin, de mener une enquête sur ces listings que Jean-Louis Gergorin, alors vice-président d’EADS, venait de lui remettre.

Entendu le 19 juillet dernier, Jean-Louis Gergorin a dit aux juges que le 1er janvier 2004, Dominique de Villepin avait demandé une note de synthèse sur l’affaire Clearstream à destination de Jacques Chirac. Gergorin a également déclaré que c’est à la demande de l’ancien ministre, sur « instruction du président de la République » qu’il a transmis au juge en charge de l’affaire des ventes de frégates à Taiwan, Renaud Van Ruymbeke, les fichiers de l’affaire Clearstream. Quant à l’informaticien Imad Lahoud, il a démenti avoir falsifié les fichiers Clearstream remis au ministre des Affaires étrangères de l’époque.

Après Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, c’est donc au tour de Dominique de Villepin d’être mis en examen. En attendant, l’éventuelle convocation de Jacques Chirac. C’est en tout cas ce que laisse présager l’interdiction faite à Dominique de Villepin, de rencontrer l’ancien président de la République.

M.H

lundi, 23 juillet 2007

CRIMINALITE D’ETAT OFFENSIVE DES JUGES FRANÇAIS

L’histoire de la France à toujours été traversée par des grands courants politiques, religieux économiques qui ont profondément bouleversé les fondements du pays ; les Lumières, le rôle de penseurs comme Voltaire, Victor Hugo ont ainsi aidé à la maturation de grande réformes voire de révolutions qui ont changé l’image de la France. Le petit Gavroche mourant sous les barricades en appelant en cause la faute de Voltaire et de Rousseau en est hautement significatif. Après l’élection de Sarkozy, il semble qu’après les philosophes, les Sans-culottes.., c’est au tour des magistrats d’impulser des transformations structurelles et comportementales pour relancer la France en la réconciliant avec une gouvernance républicaine et responsabilisée. Deux types d’audaces en particulier sont à relever de leur part. La première réside dans les enquêtes déjà lancées ou envisagées contre des chefs d’Etats africains. Qui l’eût dit, qui l’eût cru ? Ce qui était impensable du temps de Jacques Chirac qui régnait en maître protecteur de ses ouailles de la Françafrique, est aujourd’hui possible avec l’administration Sarkozy. L’autre audace réside dans certaines décisions et initiatives sans pareille dans la vie judiciaire française. C’est d’abord les auditions de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac. Le premier est en attente d’être mis en examen et le second a déjà été entendu en tant que témoin assisté, ce qui augure de sa possible mise en examen dans le cadre du dossier en cours des emplois fictifs comme dans le cadre de ceux nombreux, à venir. Dans le même ordre d’idée, on relèvera la décision prise par la justice française de juger les génocidaires rwandais qui avaient trouvé refuge en France depuis tant d’années.

I. CES CHEFS D’ETAT AFRICAINS DANS LE COLLIMATEUR DE LA JUSTICE FRANCAISE

Une enquête préliminaire est en cours à Paris pour déterminer si oui ou non, les chefs d’Etat Omar Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo) ont acheté des biens immobiliers en France avec de l’argent public détourné dans leur pays.
C’est une première. Le parquet de Paris a ouvert il y a quelques jours, une enquête préliminaire après la plainte pour « recel » déposée en mars dernier par les associations Sherpa (un réseau international de juristes présidé par l’avocat William Bourdon), Survie, et la fédération des Congolais de la diaspora, accusant les chefs d’Etat africains Omar Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo) de posséder en France des biens financés par de l’argent public détourné. Le dossier de la plainte a été constitué à partir de documents et d’informations recueillies par diverses ONG françaises et étrangères. Parmi ces documents : un rapport de 126 pages des biens mal acquis publié en mars 2007 par le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement).

Pour Survie, « si l’infraction principale (le détournement) a été commise à l’étranger, le recel (c’est à dire la dissimulation, la détention, la transmission ou le fait de bénéficier en toute connaissance de cause de ce détournement) est quant à lui commis en France. Les plaignants ont donc estimé que le juge français était compétent pour enquêter sur ce délit ». « C’est une première. La France, comme d’autres pays, ne peut pas multiplier les engagements publics internationaux de lutte contre la criminalité financière et ne pas déclencher des procédures alors que des présomptions de recel de détournement d’argent public sont considérables s’agissant des familles Bongo et Sassou Nguesso » a indiqué l’avocat William Bourdon à l’AFP.

La plainte fait état pour la famille Bongo, d’un hôtel particulier et de quatre appartements, tous situés dans le XVIè arrondissement de Paris, l’arrondissement le plus chic de la capitale. Quant à M. Sassou Nguesso, il possèderait un hôtel particulier de 700 m2, estimé entre 5 et 10 millions d’euros, dans les Yvelines et un appartement à Paris, dans le VIIè arrondissement. Par ailleurs, plusieurs biens immobiliers sont attribués à ses proches, notamment un appartement particulièrement luxueux de 550 m2 (dont une terrasse de 100m2) à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, estimé entre 2,5 et 3 millions d’euros et dévolu à son neveu. Son neveu aurait par ailleurs une belle collection personnelle de voitures de luxe ; BMW, Mercedes, Jaguar, Porsche et Aston Martin.

Trois autres chefs d’Etat africains sont mentionnés dans la plainte. Téodore Obiang, président de la Guinée équatoriale, Eduardo Dos Santos, président de l’Angola, et Blaise Compaoré. Ce dernier possède un appartement à Paris, au nom de sa femme, Chantal et serait aussi propriétaire d’une villa luxueuse à Saint-Cloud. L’enquête préliminaire devra donc établir les responsabilités pénales individuelles de chacune des cibles de la plainte. Et débouchera, si les éléments sont suffisants, sur l’ouverture d’une instruction judiciaire. Pour l’heure, aucune tension diplomatique n’est à craindre, tant que l’enquête reste au stade préliminaire. Et seuls Denis Sassou N’Guesso et Omar Bongo semblent, pour le moment, susceptibles d’être visés par une éventuelle instruction judiciaire. La justice et les plaignants ne disposant pas encore d’éléments suffisants à l’encontre des trois autres chefs d’Etat africains.

Selon Survie comme Sherpa, « le mouvement du droit international » tendrait à considérer « qu’un chef d’Etat en exercice ne pouvait se prévaloir d’une quelconque immunité, s’agissant de biens mobiliers ou immobiliers, dès lors qu’il existait des présomptions sérieuses de ce que leur acquisition s’était faite au prix de la commission d’infraction ». Autrement dit, les chefs d’Etat africains qui font l’objet d’une enquête ne devraient pas pouvoir se retrancher derrière leur immunité diplomatique. Et de toute façon, le dossier concerne aussi les proches des caciques qui ne bénéficient eux, d’aucune immunité. « La justice pourrait donc se pencher sur les biens des membres de la famille des chefs d’Etat concernés » poursuit-on chez Survie. « L’idée de cette action, c’est d’ébranler le système d’immunité et de faire avancer le droit international sur la question : sont-ils (les chefs d’Etat étrangers) intouchables par le droit français ? ». L’enquête préliminaire engagée par la justice française peut durer entre 6 mois et 2 ans. A charge de la police française, de vérifier chaque élément invoqué dans la plainte.

Pour Survie, l’ouverture d’une enquête est un grand pas, même si l’association reste sur ses gardes, et refuse de voir là, un lien avec la rupture prônée par Nicolas Sarkozy. Car « plusieurs éléments nous laissent à penser que c’est une rupture de façade que prône le président français. Notamment parce qu’il a déjà reçu Omar Bongo à l’Elysée et clairement rappelé que Sassou N’Guesso est un de ses amis personnels ». Il s’apprête à se rendre en Afrique sub-saharienne plus précisément au Sénégal et au Gabon où la démocratie est passablement maltraitée mais avant, il a reçu Denis Sassou Nguesso en visite officielle à Paris le 5 juillet dernier, lequel comptait sur ce voyage et sa réception à l’Elysée pour redorer son blason aux yeux de la communauté internationale et profiter de l’aide internationale et des allégements de dette promis aux pays pauvres très endettés. Interrogé lors d’un point presse au sujet de ses biens parisiens, le président a dénoncé des accusations « aux relents, disons de colonialisme, de néocolonialisme, de racisme et de provocation gratuite ». Décidément, la curiosité de la justice française tombe au plus mal.

Matthieu Herault

lundi, 25 juin 2007

MAIS TOUT DE MEME UN BOULEVARD POUR SARKOZY

L’UMP et le Président de la République sortent renforcés des élections législatives. Seules deux surprises auront émaillé le second tour : le sursaut de la gauche qui lui permet d’arracher un peu plus de 200 sièges à l’Assemblée nationale sur les 577 en jeu, et l’échec d’Alain Juppé, qui a entraîné un léger remaniement ministériel au sein du gouvernement constitué il y a un mois.

C’était attendu. Les électeurs ont accordé à l’UMP, la majorité absolue à l’Assemblée nationale (324 sièges). A l’issue des deux tours des élections législatives qui visaient à élire les 10 et 17 juin, les 577 députés qui siègent à la chambre des représentants. Ainsi confortent-ils la position du nouveau Président de la République Nicolas Sarkozy, en lui permettant de mener à bien sa politique et de conduire les réformes qu’il envisage sans se heurter à l’opposition.

La majorité de l’UMP est claire, mais loin d’être écrasante comme le laissaient pourtant présager les sondages établis au lendemain du premier tour, à partir des bons résultats de la droite dans l’ensemble des circonscriptions. En cause : une mobilisation de la gauche et plus particulièrement du parti socialiste, qui ont appelé les nombreux abstentionnistes du premier tour, à se déplacer pour aller voter et confisquer ainsi le monopole du pouvoir accordé au nouveau chef de l’Etat. Le parti socialiste a enfin évité la déroute à la fois financière et morale qu’aurait engendrée une défaite trop lourde, en profitant des premiers écueils du gouvernement en place. En déclarant plancher sur une hausse de la TVA (taxe à la consommation) de 5 points pour compenser la défiscalisation des heures supplémentaires, Jean-Louis Borloo, l’ancien ministre des finances, a provoqué un tollé qui aurait pesé dans la facture électorale selon nombre d’analystes. Des déclarations d’autant plus mal digérées par les candidats défaits à la députation, qu’elles émanent d’un homme issu d’un courant social au sein de l’UMP, pas des plus fervents supporters de Nicolas Sarkozy.

L’autre surprise de ce second tour des élections législatives, aura été la défaite d’Alain Juppé à Bordeaux. L’homme pourtant en ballottage favorable à l’issue du premier tour n’a pas bénéficié d’un bon report de voix. Si bien qu’il a échoué à la députation et s’est vu contraint de démissionner du ministère de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables où il venait d’être nommé. Nicolas Sarkozy avait fait savoir peu avant les élections législatives qu’il n’accepterait aucun ministre se présentant à un mandat de député et échouant à la bataille. Résultat, le départ d’Alain Juppé a entraîné un léger remaniement ministériel. Les rênes du ministère de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables ont été confiés à Jean-Louis Borloo, tandis que celles de l’Economie ont été attribuées à Christine Lagarde, première femme à accéder à ce poste. De nouveaux secrétaires d’Etat font leur apparition sur la photo du gouvernement, parmi eux, des hommes du centre, signe que Nicolas Sarkozy a poursuivi sa politique d’ouverture. On retiendra notamment que Fadela Amara, l’ancienne présidente de « Ni putes ni soumises » proche du Président, hérite du secrétariat d’Etat à la Politique de la Ville.

Quant aux membres du PS qui ont accepté de collaborer avec le nouveau gouvernement, ils ont été tout bonnement rayés des listes des adhérents au Parti socialiste. Décidément, le PS sera sorti divisé et déchiré, des récentes élections.

Matthieu Herault

lundi, 11 juin 2007

L’ASSEMBLEE NATIONALE SERA PAUVRE EN COULEURS

Une étude du Conseil Représentatif des Associations Noires (Cran) révèle que seul 0,5% des candidats aux élections législatives en métropole sont de couleur noire. Ils seront encore moins d’élus à l’Assemblée nationale, le 17 juin au soir.

Soucieux de pratiquer la diversité, les partis politiques semblent en avoir oublié l’essentiel : la représentation à l’Assemblée nationale. Selon une étude rendue publique par le Conseil représentatif des associations noires, seuls 19 candidats noirs (sur 7421 candidats en métropole) sont en lice pour les élections législatives, dont le premier tour a eu lieu dimanche et le second tour est prévu le 17 juin prochain. Les suffrages doivent pourtant élire les députés, autrement dit, les représentants du peuple à l’Assemblée nationale.

L’étude porte sur cinq partis que sont l’UMP, le PS, l’UDF-Modem, le PRG et les Verts. Le Front national, le parti communiste et le mouvement pour la France ont refusé de communiquer leurs chiffres. Et en l’absence de statistiques ethniques, le Cran s’est fondé sur « l’apparence » des candidats pour en déterminer le nombre.

Sur les 19 candidats, il dénombre 10 femmes. Et force est de constater que l’UMP est lanterne rouge du classement avec seulement deux candidats noirs : Six-Emmanuel N’Joh dans la neuvième circonscription du Val-de-Marne et Jean-Claude Beaujour, dans la 6è de Paris. Le PS ne fait pas franchement mieux avec seulement trois candidats de couleur : Safia Otokoré, George Pau-Langevin et Rose Gomis, tous trois candidats en Ile-de-France.

Les lauréats d’un classement qui ne décolle pas sont l’UDF-Modem, qui a investi six candidats de la diversité, le parti radical de gauche, qui avec moins de candidats sur l’ensemble des circonscriptions, apporte son soutien à trois personnes noires. Quant aux Verts, ils présenteront cinq candidats aux élections législatives.

Au Cran, on fait savoir que l’assemblée sortante ne comptait aucun député noir, mis à part ceux élus Outre-mer. Et les élections législatives de cette année ne devraient pas fondamentalement bouleverser la donne. Les sondages laissent peu de chance aux 19 candidats en lice. Toutefois, un député noir pourrait être élu. « Il y a une ou deux circonscriptions gagnables » estime Louis-Georges Tin, porte-parole du Cran.

A titre comparatif, le Cran souligne que le PS présentera « une vingtaine d’Arabes », et l’UDF, « 18 candidats Arabes ». « Nous souhaitons marquer le manque de représentation politique des personnes issues de la diversité » conclut Claudine Tisserand, vice-présidente du Cran.

Matthieu Herault